TRIANGLE BOOKS

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Triangle Books

Art books publishing

 

Olivier VANDERVLIET est un éditeur indépendant qui s’est spécialisé dans l’art contemporain. Depuis quelques années, il exerce une profession synonyme de rencontres et de collaborations avec des artistes. Un travail particulier et passionnant qui se module au gré des rencontres qu’il génère, guidé par ses coups de cœur artistiques.

 
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Les heures de gloire du studio de graphisme belge « Donut »,  ne vous sont peut-être pas inconnues. Olivier VANDERVLIET était l’un des membres du trio créatif. Amoureux des livres et passionné d’art contemporain, c’est naturellement qu’il s’est réorienté vers l’édition de livres d’art. « J’étais aussi intrigué par le fait de réaliser seul quelque chose, de ne plus dépendre de clients et d’avoir des journées de travail variées. » raconte-t-il. De cette réflexion est né Triangle Books.  Depuis, la jeune maison d’édition a déjà été bien prolifique.

Lorsque l’on lui demande ce que signifie concrètement son métier, on comprend vite qu’il multiplie les casquettes et que sa capacité à jongler avec chacune d’elle est un atout. « A l’origine, je suis graphiste et je fais des livres. Je contacte des artistes pour leur proposer d’en faire un ensemble et je travaille après avec eux à sa réalisation. Une fois qu’il est fait, j’essaie de le diffuser, de le vendre. Donc je suis aussi éditeur. » Les grandes lignes de ce métier particulier sont tracées. 

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Quand je fais le graphisme d’un livre, même si j’en sui l’éditeur, j’ai aussi des comptes à rendre à l’artiste. 
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Chaque livre est pensé de façon unique : il peut mettre en avant une partie du travail de l’artiste comme être le résultat d’une demande spécifique d’Olivier ou encore être un catalogue d’exposition (comme le fut par exemple celui de Robert HEINECKEN pour son exposition au WIELS). C’est un choix délibéré qui impose une variation de la structure même du livre et ouvre le champ des possibilités. Au bout du compte, le résultat final illustrera le dialogue crée entre l’artiste et Olivier. Cela explique pourquoi, chez Triangle Books, le graphisme ne peut se faire de manière unilatérale. « Quand je fais le graphisme d'un livre, même si j'en suis l’éditeur, j’ai aussi des comptes à rendre à l’artiste : on discute. », explique Olivier. Ce qui rend la vitesse de réalisation de l’ouvrage variable selon le projet artistique qu’il y a en amont et la connivence entre le binôme éditeur/artiste. Cette relation est donc fondamentale dans son travail. « (…) J’en suis encore à un stade où je ne suis pas prescripteur. Je dépends donc encore de l’actualité de l’artiste, de sa renommée. »

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En dehors de la création pure, Olivier réalise un travail marketing conséquent : il propose ses livres à des librairies et fait jusqu’à cinq foires de livres d’art par an (New York, Los Angeles, Paris, Londres et Bruxelles). « C’est un deuxième métier : faire un livre est une chose et le vendre [en est] une autre. », nous avoue-t-il.

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 Il faut y croire. Essayer de faire des livres que les gens auraient envie d’avoir.
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Mais qu’en est-il de l’aspect financier dans tout cela ? Le monde de l’édition de livres d’art belge n’étant que peu peuplée d’après ses dires (il nous confie n’en rencontrer que trois ou quatre aux foires internationales), comment survivre ? « Ce n’est effectivement pas évident. J’avais prévu un peu d’argent pour pouvoir ne me concentrer que sur cette activité. C’était important pour moi. Je voulais pouvoir faire ce métier à fond et me permettre de réussir. » S’il s’en sort, c’est principalement grâce à la production d’éditions limitées et parce qu’il fait lui-même le graphisme de ses livres, ce qui lui permet de réduire ses dépenses. « Il y a des livres pour lesquels j’ai tout payé, d’autres qui sont le résultat d’une collaboration avec une galerie qui en a pré-acheté un certain nombre, ou encore ceux en éditions limités qui rapportent de l’argent rapidement. Puis, il faut y croire. Essayer de faire des livres que les gens auraient envie d’avoir. Au-delàs du travail de l’artiste, il y a des gens qui achètent le livre pour ce qu’il est. » 

 

On ne pourra toutefois pas s’empêcher de se demander si, de toutes ces collaborations, le résultat de l’une d’elle n’aurait-il pas chatouillé la fierté de notre jeune éditeur plus qu’un autre. « Il n’y en pas un que je préfère. C’est un peu comme demander à quelqu’un qui a plusieurs enfants lequel il préfère. Je les aime [tous] beaucoup et c’est à chaque fois des histoires différentes. Certains ont été, disons, sans douleur dans le travail de collaboration avec l’artiste, alors que pour d’autres ça aura été plus pénible. Certains se sont faits très vite et d’autres sont passés par différents stades étalés sur plusieurs mois. », répond-il.

Fort est de constater son désir réel de produire un objet allant au-delà du simple livre d’art. 

 

 

 

Interview : Diane LEMBA

Photos : Priscilia DUBUS ©

 

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Retrouvez travail de l’édition Triangle Books son site internet et ses comptes Instagram et Facebook.

 

Cette interview a aussi été publiée dans la rubrique Dis-Moi Quoi créée en collaboration avec Alphabeta Magazine. Retrouvez plus d’entretiens Dis-Moi Quoi ici.